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jeudi 20 janvier 2022
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Discours à la nation 2022 : Alassane Ouattara élude une fois de plus, les problèmes environnementaux !

« Le changement climatique constitue une réelle préoccupation (…) Nous devons agir vite et avec responsabilité, si nous voulons préserver notre cadre de vie et notre planète. » Cette Déclaration faite par le Président Alassane Ouattara, à l’occasion de la 72 ème Session de l’Assemblée Générale des Nations Unies, tenue en septembre 2017, sonne comme un lointain souvenir.

En effet, le Président a, comme d’habitude, depuis son accession à la Magistrature suprême, complètement éludé la question de l’environnement, lors de son traditionnel Discours de fin d’année.

Comme tous les Ivoiriens, nous avons suivi avec beaucoup d’attention, l’adresse à la nation du Chef de l’État, à l’occasion de l’avènement de la nouvelle année. Nous avons apprécié l’axe général du discours qui a couvert les principaux défis, les principaux problèmes auxquels notre pays et nos populations sont confrontés. Cependant, nous constatons une fois de plus, l’absence totale et délibérée des questions environnementales dans l’adresse du Président, parmi les priorités du gouvernement. Ceci est d’autant plus surprenant que lors de la dernière campagne électorale, et maintenant depuis près de 12 ans, il s’est engagé à offrir aux Ivoiriens, un environnement sain, pour un développement durable de notre pays. Ceci est même inscrit dans notre Loi fondamentale du 08 novembre 2016.

Face aux principales matrices environnementales en danger…

L’absence totale de l’environnement dans l’adresse du Chef de l’État nous plonge dans une totale stupéfaction, dans la mesure où notre pays est confronté depuis plusieurs années, à de multiples crises environnementales qui affectent sa marche vers le développement durable. On peut citer à titre d’exemples, la crise des forêts (nous avons perdu près de 90% de nos forêts depuis l’indépendance), qui fait l’objet d’un gros scandale financier en ce moment et pour lequel les Ivoriens s’attendent à ce que de lourdes sanctions soient prises contre les responsables. Il ne faut pas non plus oublier la crise des lagunes qui font l’objet de remblayages sauvages et illégaux – qui fait qu’elles se réduisent comme peau de chagrin tous les jours et nous offrent un spectacle totalement dégradant. Les 8 baies lagunaires qui font partie de notre histoire, de notre culture et même de notre ADN sont menacées de disparition, sans que personne ne s’en émeuve.

Nous avons aussi la crise de la pollution atmosphérique qui affecte la qualité de l’air dans les grandes villes du pays et particulièrement à Abidjan, où le gouvernement a accepté, on ne sait pour quelle raison, la construction de huit cimenteries en pleine ville et dont les résidus perforent tous les jours, les poumons des Ivoiriens. Avec l’orpaillage clandestin, une véritable bombe environnementale qui explose dans tout le pays, on constate que toutes les principales matrices environnementales ivoiriennes sont en danger et nous sommes surpris, à la limite déçus, que le Chef de l’État n’en ai pas parlé.

Parler, oui ! Mais joindre l’acte à la parole

Enfin, la Côte d’Ivoire va abriter en mai 2022, la plus grande réunion jamais organisée par les Nations Unies dans notre pays, avec la participation de 191 pays et plus de 5000 délégués étrangers – la 15 ème Conférence des parties à la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification, dont les enjeux diplomatiques, stratégiques et économiques sont connus. Rien de tout cela n’a été abordé dans le discours du Chef de l’État. Grande fût notre déception.

Toute la société civile et en particulier, les écologistes ivoiriens, sont profondément déçus et espèrent que dans la pratique, l’environnement trouvera sa place parmi les priorités du gouvernement en 2022.

Sié Palé de Doropo




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