Salubrité : Un centre de transfert n’est pas une « décharge contrôlée » à plus forte raison une « décharge sauvage »

Suite au coup de gueule de l’artiste comédien Decothey contre l’installation du centre de transfert d’Anguédédou à proximité de la cité Bel Air, où il habite, le ministère de la salubrité, de l’environnement et du développement durable a réagi à travers une déclaration transmise à la presse.

Bonjour  M. Decothey,

Merci de l’intérêt que vous accordez à ce projet d’intérêt public et d’importance capitale pour la Côte d’ivoire de façon générale et particulièrement pour les populations abidjanaises. Nous comprenons très bien l’objet de votre inquiétude qui est tout à fait justifié.

Cependant, nous vous rappelons que conformément à la vision du Gouvernement Ivoirien en matière de salubrité, le Ministère a initié et conduit pour le compte de l’Etat de Côte d’Ivoire, ce projet d’utilité publique et structurant qui vise à

-atteindre l’objectif «Abidjan ville propre» ;

-structurer et moderniser la chaine de collecte, du transport et de traitement des déchets solides ménagers et assimilés dans le District Autonome d’Abidjan.

Centre de transfert d'Anguédédou

Une vue du projet d’installation du centre de transfert d’Anguédédou. Crédit photo : MINSEDD

Ainsi, la mise en œuvre de cette nouvelle organisation de la gestion des déchets solides ménagers et assimilés nécessite la construction et l’exploitation des infrastructures modernes obéissant aux standards internationaux aux plans technique et environnemental. Ce sont un (01) Centre de Valorisation et d’Enfouissement Technique (CVET) à Kossihouen dans la sous-préfecture de Songon et sept (07) centres de transfert dans les quartiers d’Abidjan dont celui d’Anguédédou.

Ce projet a d’ailleurs été largement présenté et expliqué lors des rencontres que le MINSEDD a eu avec les représentants des populations riveraines (cités ADO et BEL AIR) et ce, en votre présence.

Par ailleurs, nous tenons à vous rassurer sur le fait que Madame le Ministre a toujours montré sa disponibilité à rencontrer les populations riveraines du centre de transfert d’Anguédédou. C’est pour cela, après qu’elle vous ait proposé l’intégration de vos représentants dans le comité de suivi du projet, elle a voulu une rencontre élargie à toutes les couches sociales des populations riveraines, le jeudi 19 juin à 18 heures à la mairie de Yopougon, réunion dont vous (représentants de la population riveraine) n’avez pas voulu la tenue.

Pour ce qui est du projet du centre de transfert d’Anguédédou comme les six (06) autres dans les communes d’Abidjan, il est important de clarifier et d’éclairer les populations d’Abidjan en général et celles qui sont riveraines en particulier, qu’un centre de transfert n’est pas une « décharge contrôlée  » à plus forte raison une « décharge sauvage » comme l’est celle Akouedo. Il ne s’agit nullement aussi d’un projet de transfert de la décharge d’Akouédo dans la commune de Yopougon.

Il s’agit de la construction d’une infrastructure moderne intermédiaire entre la collecte et l’enfouissement technique. Ce centre de transfert construit avec toutes mesures de sécurisation technique et environnementales, permet de transvaser les déchets collectés dans de grands conteneurs (30 mètres cubes) qui sont acheminés au centre d’enfouissement technique de Kossihouen. Le cahier de charges de l’exploitation de ces centres de transfert ne permet un séjour des déchets de plus de 24 heures.

L’Etat de Côte d’Ivoire a vocation à assurer, à ses populations, un cadre de vie propre, assaini, respectueux des contraintes environnementales, tout en obéissant à une démarche de développement durable, conformément aux articles 19 et 28 de sa Constitution qui disposent que : « Le droit à un environnement sain est reconnu à tous. » et «La protection de l’environnement et la promotion de la qualité de la vie sont un devoir pour la communauté et pour chaque personne physique ou morale ».

Par ailleurs, il faut signaler que le Gouvernement ivoirien étant partie aux différents accords et conventions internationaux portant sur la protection de l’environnement, ne saurait engager un projet qui met en péril la vie de ses populations.

Ministère de la Salubrité de l’Environnement et du Développement Durable

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