Quel avenir pour les Parcs et réserves de Côte d’Ivoire ?

Selon la loi ivoirienne n°2002-102 du 11 février 2002, les parcs nationaux et les réserves naturelles représentent les aires protégées. Il s’agit de « toute zone faisant l’objet d’un contrôle particulier sur le plan juridique et administratif, ou pour des raisons de tradition, ainsi que des mesures d’encouragement visant à conserver certaines caractéristiques ». En effet, la Côte d’Ivoire est dotée d’un réseau de 14 aires protégées (soit 2.100.000 hectares de biotopes, représentant environ 7% de la superficie totale du pays) et gérées  par l’Office Ivoirien des Parcs et Réserves (OIPR), structure sous tutelle du Ministère en charge de l’Environnement.

Ces 14 aires protégées constituent la référence du patrimoine biologique ivoirien et sont constituées  de 8 parcs nationaux et 6 réserves naturelles. Ce sont entre autres, les Parcs nationaux de la Comoé (1.149.150 hectares), de Taï (454.000 hectares), de la Marahoué (101.000 hectares), du Mont Péko (34.000 hectares), d’Azagny (19.400 hectares), du Mont Sangbé  (95.000 hectares), du Banco (3474 hectares), des Îles Ehotilé (550 hectares), la Réserve du Haut Bandama (123.000 hectares), la Réserve de Faune d’Abokouamékro (20.430 hectares), la Réserve naturelle intégrale du Mont Nimba (5.000 hectares pour la partie ivoirienne), la Réserve de Lamto (2.500 hectares), la Réserve naturelle partielle de Dahliafleur  (148 hectares) et la Réserve de Faune du N’Zo (96.000 hectares).

L'Île aux Chimpanzés, sur le site du parc national d'Azagny. Il ne reste plus que "Ponso", seul survivant.

L’Île aux Chimpanzés, sur le site du parc national d’Azagny. Il ne reste plus que « Ponso », seul survivant.

Une conservation parfois freinée par les crises socio-politiques

Les parcs nationaux, les réserves naturelles et les forêts classées, répartis sur une superficie de 21.030 kilomètres carrés, mettent la Côte d’Ivoire en tête des pays francophones d’Afrique de l’Ouest dans le domaine de la conservation de la nature. Cependant, ces espaces si importants pour l’équilibre écologique du pays sont régulièrement en proie aux agressions des populations riveraines, en plus d’avoir fait les frais de la décennie de crise socio-politique qu’a connue le pays. Entraînant malheureusement  des infrastructures en ruine, une disparition de la faune et de la flore, pour ne citer que ces problèmes.

C’est le cas de l’hôtel campement du parc national d’Azagny, dévasté juste après la crise de 2002 et aujourd’hui réhabilité grâce aux efforts de l’OIPR dont l’objectif est de préserver et de valoriser un échantillon représentatif de la diversité biologique nationale et maintenir les processus écologiques dans les aires protégées de façon durable. C’est également le cas du Parc national du Mont Péko, dont le leader emblématique des infiltrés, Amadé Ouérémi, a été arrêté en mai 2013.

Le parc national de la Comoé, symbole de la renaissance des parcs et réserves de Côte d’Ivoire ?

Un troupeau d'hippotragues au parc national de la Comoé, crédit photo : OIPR

Un troupeau d’hippotragues au parc national de la Comoé, crédit photo : OIPR

Plus vaste parc de Côte d’Ivoire et l’un des plus grands d’Afrique de l’Ouest, avec une superficie de 1.149.150  hectares et classé en 1983 au patrimoine mondial de l’UNESCO comme réserve de biosphère, ce parc a été malheureusement classé en 2003 sur la Liste du patrimoine en péril. Quatorze années plus tard, il est retiré de ladite Liste par le Comité du Patrimoine mondial, au cours de sa 41e session tenue à Cracovie, en juillet 2017, estimant que sa faune se reconstitue après avoir été durement touchée par l’instabilité civile.

Premier site en Afrique de l’Ouest et Centrale à sortir de la Liste en péril, cette nouvelle traduit la volonté du gouvernement ivoirien de faire de l’aménagement et la gestion des parcs et réserves, l’une de ses préoccupations majeures. A quelques semaines du cinquantenaire du Parc national de la Comoé, quel avenir pour l’ensemble des parcs et réserves de Côte d’Ivoire ?

Moteurs du développement de l’écotourisme en Côte d’Ivoire, l’ensemble des parcs et réserves naturelles doivent faire l’objet de plans d’aménagement et de gestion efficaces, car ces espaces parfois méconnus ou négligés ont beaucoup à apporter à l’économie du pays.

La Côte d’Ivoire devrait s’inspirer des pays comme le Kenya, le Sénégal ou encore l’Afrique du Sud afin d’augmenter la contribution des parcs et réserves dans le PIB du pays.

Il est important d’entreprendre les investissements nécessaires pour développer la fréquentation des parcs et réserves de Côte d’Ivoire par les étrangers et surtout aussi développer le tourisme national.

Ceci se traduira naturellement par des effets économiques induits sur les populations riveraines de ces parcs et réserves et qui verront immédiatement les avantages de préserver ces espaces naturels.

Par ailleurs, nous pensons qu’il est important de ne pas se limiter à la réhabilitation des parcs existants mais surtout de veiller à la création d’autres espaces naturels qui remplissent les critères de classement en tant que parcs.

Enfin, notre pays disposant d’un littoral de près de 550 km, nous nous demandons légitimement à quand la création du premier parc marin de Côte d’Ivoire ?

Sur la base de tout ce qui précède, il est évident que le système de gestion actuel des parcs et réserves de Côte d’Ivoire est totalement inadapté aux défis auxquels sont confrontés ces joyaux naturels.

Sié Palé à Doropo

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