Que retenir du Sommet Climate Chance Afrique 2018 ?

Il aura fallu deux jours d’intenses travaux pour aboutir à Abidjan, capitale économique ivoirienne, à une déclaration sanctionnant le premier Sommet Climate Chance Afrique, tenu les 28 et 29 juin 2018. Il était question pour les acteurs non-étatiques présents (gouvernements locaux, entreprises, associations de jeunes, femmes, ONG environnementales et de développement, représentants des peuples autochtones, chercheurs…) de réaffirmer ensemble leur engagement et leurs priorités pour lutter contre le dérèglement climatique sur le sol africain.

Climate Chance Afrique 2018

Au rang des participants, figurait une délégation composée de jeunes engagés pour le Climat, sélectionnés par l’Office Franco Québecois pour la Jeunesse (OFQJ) et Les Offices Jeunesse Internationaux du Québec (LOJIQ). D’origine diverses, leur participation à cette rencontre de haut niveau a été marquée dans un premier temps par une séance d’échanges organisée par le Bureau du Québec à Abidjan (BQA),  en collaboration avec l’OFQJ, LOJIQ et la Fondation Magic System.

Une table ronde autour du thème Jeunesse et Climat

Tenue le 27 juin dernier à la salle 1G de l’immeuble CCIA – Abidjan, abritant le BQA, cette excellente initiative a permis de réunir plus d’une vingtaine de jeunes québécois, français, asiatiques et africains en vue de débattre des problématiques telles que entrepreneuriat vert, les enjeux  d’adaptation aux effet du changement climatique et la coopération climatique. Chacun de ces points a été développé sous la bienveillante modération de Madame Kalapo du Bureau du Québec à Abidjan.

Climate Chance Afrique

Photo de famille après la table ronde

Après environ trois heures de discussions fructueuses, les participants ont à l’unanimité, convenu de l’absolue nécessité de se réunir au sein d’une plate forme afin de mieux faire porter la voix d’une Jeunesse plus que jamais engagée pour le Climat. Qu’en est-il du déroulé du Sommet à proprement parler ?

Une cérémonie d’ouverture remarquable par sa solennité

Avec la présence effective du Ministre ivoirien en charge de l’Environnement, Madame Anne Désirée Ouloto, du Président du Sénat, Monsieur Jeannot Ahoussou-Kouadio, du Gouverneur du District d’Abidjan, Monsieur Robet Beugré Mambé et des premiers responsables de l’Assemblée des Régions et Districts de Côte d’Ivoire (ARDCI) ainsi que ceux de l’Association Climate Chance, la cérémonie d’ouverture a démarrée dès 10h 30 par une cérémonie de libation. S’en sont suivies les allocutions.

Sur le pupitre, tous ont reconnu que notre modèle de développement a mis notre planète en danger et dans cette lutte contre le changement climatique, l’une des difficultés est l’accès au financement. Pour ce faire, ils ont décidé de placer l’éducation et la formation au cœur de leurs préoccupations majeures.

Toujours selon les intervenants, Abidjan n’est pas juste un moment. C’est un point de départ pour renforcer l’action des acteurs non étatiques dans la lutte contre le changement climatique. Cette étape de la première journée a pris fin par une plénière d’ouverture portant sur le thème : Les acteurs non-étatiques d’Afrique face au défi climatique et au financement de l’action climatique.

Climate Chance Afrique

Une vue des autorités présentes à la cérémonie d’ouverture

10 ateliers ont meublé les travaux

Sur la déclinaison de feuilles de route africaines sectorielles, les ateliers ont été l’occasion de réunir les acteurs non-étatique dans leur diversité afin de présenter de bonnes pratiques inspirantes sur différents secteurs ou thématiques et de définir des feuilles de route sectorielles adaptées aux besoins du continent africain. Et chaque atelier a été porté par un acteur international et un acteur actif dans les territoires africains.

Les thèmes suivants ont été parcourus conformément aux principes du dialogue de Talanoa* : Faciliter l’accès des acteurs non-étatiques africains aux financements climats ; Éducation et Formation ; Aménager les villes africaines de manière durable ; Recourir aux plans territoriaux climat dans les territoires africains ; Développer une agriculture durable qui préserve les sols et favorise la reforestation ; Accélérer l’accès aux énergies renouvelables et l’efficacité énergétique en Afrique ; Favoriser une mobilité et des transports durables en Afrique ; Se préparer aux enjeux d’adaptation en Afrique notamment dans le secteur de l’eau ; Bâtiment et construction durables; Structurer des filières durables.

Et enfin, vint le moment de laisser tomber le rideau sur le Sommet Climate Chance Afrique 2018

Ayant enregistré 600 acteurs non-étatiques issus de 41 nationalités, dont 27 du continent africain, l’un des principaux temps forts de ce Sommet fut l’engagement des élus locaux (Sénégal, Ouganda, Côte d’Ivoire, Ethiopie, Burkina Faso, Togo) à travers la signature d’une Convention visant à mobiliser les acteurs dans leurs territoires pour relever ensemble le défi du changement climatique.

Climate Chance Afrique

Les élus locaux, lors de la signature de la Convention

Puis, le moment tant attendu – lecture de la Déclaration du Sommet Climate Chance Afrique qui a identifié plusieurs priorités pour l’action. Il s’agit du renforcement des stratégies territoriales, de l’accès facilité au financement pour les acteurs non-étatiques, de l’intégration du genre dans les politiques publiques, de la prise en compte des jeunes comme le monde de demain, de la place de l’éducation et de la formation pour préparer aux métiers de demain permettant de faire face au défi climatique, de la prise en compte des enjeux d’adaptation, enfin de la nécessité d’une réelle stratégie collective et de plate forme d’échange sur les données disponibles pour mesurer l’évolution des émissions de gaz à effet de serre des territoires et pays africains. La Côte d’Ivoire quand à elle, a promis de se mobiliser en vue de porter cette Déclaration d’Abidjan auprès des collectivités territoriales.

Quelques paroles fortes du Sommet Climate Chance Afrique

Climate Chance Afrique 2018

Climate Chance Afrique 2018


*Dialogue de Talanoa : Le dialogue de Talanoa est une forme de dialogue interactif.  « La formule présente l’avantage d’amener les participants à assouplir leurs positions et à revisiter leurs idées en les confrontant à celles des autres. Ce style de dialogue privilégie l’échange et la participation, la découverte de points communs et la communication spirituelle autour d’un sens partagé », rapportent les Nations unies.

M.Z.

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