Qu’attend la Côte d’Ivoire de l’océan en 2050 ?

Dans le cadre de la célébration de la Journée mondiale de l’Environnement et de l’océan, l’ONU Environnement, la Convention d’Abidjan, la BAD, la Fondation Magic System, l’Ambassade de l’Inde en Côte d’Ivoire, les ONG et plusieurs acteurs engagés en faveur de la protection de l’environnement ont pris part à une séance de nettoyage de la plage de Bassam en vue de sensibiliser les populations ivoiriennes sur la question de la pollution plastique et appeler chacun à l’action.

Une série d’allocutions a marqué l’événement, dont celles de la Responsable du site d’accueil, l’hôtel Etoile du Sud, celle de l’Ambassadeur de l’Inde en Côte d’Ivoire, du Représentant de la Fondation Magic System, du Représentant de la BAD, de l’ONU Environnement et de la Convention d’Abidjan, et enfin, celle du Représentant du Ministre en charge de l’Environnement. Tous ont été unanimes sur l’urgence qu’il y a de joindre l’action à la réflexion, face à cette menace écologique : Si rien n’est fait d’ici 2050, nous aurons beaucoup plus de déchets plastiques dans l’océan que de poissons.

Voici à quoi ressemble la plupart de nos plages

Voici à quoi ressemble la plupart de nos plages

Protéger l’océan, c’est protéger notre vie

Recouvrant 70 % de la planète, chaque être humain dépend de l’océan. Selon le Chercheur François Massonnet, « L’océan est d’abord une source gigantesque d’oxygène. Environ 50% de l’oxygène qu’on respire vient directement des océans. C’est aussi une sorte de nourriture pour nous. Dans les océans se produit la matière organique qui est à la base de toute la chaîne alimentaire, du plancton jusqu’aux ours polaires. Enfin, c’est aussi un temporisateur des changements climatiques. L’océan a une capacité à absorber beaucoup de chaleur. On estime que 90% de la chaleur qui a été émise par les hommes depuis 1970 a été absorbée dans les premières couches de l’océan. Donc, l’océan a un rôle qui n’est pas toujours visible, mais qui est absolument critique pour notre vie à nous. ».

Des déchets plastiques plus surprenants les uns que les autres

Au cours de cette activité, les différents déchets plastiques identifiés étaient notamment composés de bouteilles plastiques, sachets plastiques, couverts jetables, pailles en plastique, thermomètres médicaux en plastique, coques de seringues, briquets en plastique, brosses à dents, poupées, même des préservatifs !  Tel est le tableau du niveau de dégradation de l’océan  où nous aimons pourtant profiter des temps de baignade. Et ce n’est que la face visible de l’iceberg de pollution plastique que connaît ce milieu. Une association locale dénommée Jah Live tente désespérément de sauver les meubles à travers ses actions de sensibilisation « Ne pollue pas ma plage Grand Bassam ».

L'une des poubelles de fortune installées par l'association Jah Live. Elles sont pour la plupart, vides.

L’une des poubelles de fortune installées par l’association Jah Live. Elles sont pour la plupart, vides.

Responsabilités partagées

Ayant connu son apogée en Côte d’Ivoire dans les années 50, l’utilisation des emballages plastiques ne faisait pas partie des habitudes des ivoiriens avant cette période.

Aujourd’hui, 200 000 tonnes de plastiques non recyclés sont produits chaque année dans notre pays.

S’il n’est plus à démontrer que le manque de fermeté des autorités en matière de répression est à l’origine de ce désastre écologique relevant presque de la folie, il n’en demeure pas moins que certains amoureux de la plage font montre d’un incivisme notoire. Tout porte à croire que pour eux, la mer est une poubelle, un dépotoir géant qui absorbe et détruit tous les déchets qui y sont déversés. Que nenni ! Non seulement la mer nous renvoie sur la baie la plupart de ces déchets, mais en plus, en agissant ainsi, nous contribuons tristement à agresser les êtres vivants du milieu marin.

Et maintenant, que faire ?

Face à ces agissements d’un autre âge, il est impérieux pour le gouvernement de changer de fusil d’épaule, en passant à la répression. A coté de cela, il convient de mettre l’accent sur la sensibilisation et la formation en valorisation des déchets plastiques afin de donner une autre vie à cette matière qui pollue notre environnement. Inciter et encourager les populations ivoiriennes à la création de start-up dans ce sens.

Une vue des participants à la journée de nettoyage

Une vue des participants à la journée de nettoyage

En outre, déclarer certains espaces publics comme « zones interdites aux matières plastiques », à travers un écriteau bien visible à l’entrée, tout en veillant au respect scrupuleux d’une telle mesure à travers l’installation de brigades et infliger des amendes en cas de violation.

Enfin, une gestion écologique des emballages plastiques favorise la création d’emplois, la croissance économique  et le développement du pays. La Côte d’Ivoire sera débarrassée d’un stock de plus de 70 ans et aurait ainsi réglé son problème environnemental numéro 1. C’est seulement à ces prix que nous envisagerons une année 2050 sans appréhension.

Sié Palé à Doropo

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