Pollution urbaine : Peut-on sauver Abidjan ?

Avec ses 13 communes et une population de plus de 9 millions d’habitants, le District d’Abidjan est reparti sur une superficie de 2119 km2, faisant d’elle la 7e ville la plus peuplée d’Afrique après Le Caire, Lagos, Kin­shasa, Khartoum, Luanda et Alexandrie, et la 2e plus grande ville francophone au monde après Kinshasa (9,4 millions d’hab.), et avant Paris (2,2  millions).

La lagune Ébrié qui borde la ville d’Abidjan, est l’une des ressources aquatiques les plus importantes de la Côte d’Ivoire. Elle s’étend sur environ 150 km dans la direction est-ouest, sur une surface d’environ 550 km2. En outre, elle est bordée de 200 km2 de marais, mangroves et zones humides.  Abidjan est une presqu’île   au même titre que Manhattan dans l’Etat de New York. Là s’arrête la comparaison.

Autrefois « perle des lagunes »,  la capitale économique du pays fait face aujourd’hui à de nombreux défis qui compromettent sérieusement sa réputation d’antan.

Un cadre de vie préoccupant

11 des 13 communes d’Abidjan offrent des conditions de vie épouvantables. Cocody et le Plateau sont les dernières frontières. Quant aux autres communes, les récentes pluies diluviennes qui se sont abattues sur la capitale économique ivoirienne ont démontré, s’il en était encore besoin, que les infrastructures nécessaires à un cadre de vie sain étaient soit inexistantes, soit dépassées.

Il n’est pas rare de voir des cours communes où les habitants vivent carrément au milieu de leurs excréments éparpillés du fait du débordement des fosses septiques, mettant ainsi à nu des techniques d’assainissement totalement surannées et qui n’existent dans aucun pays qui se veut émergent à l’horizon 2020.

Des populations encore peu respectueuses de leur environnement

La pollution chronique telle qu’on l’observe dans tout le District d’Abidjan par exception, où chacun déverse ce qu’il veut, quand il veut, où il  veut et comme il veut, est devenue alarmante. Même Cocody et le Plateau, qui à certains égards, présentent un semblant de normalité, ont leurs tas d’immondices. Ce qui naturellement ne contribue pas à l’amélioration du cadre de vie.

Selon les critères de l’Agence des Nations Unies en charge  des Etablissements Humains (ONU Habitat), on assiste à une bidonvilisation dans les principales communes (137 quartiers précaires dans les 13 communes du District d’Abidjan) avec Attecoubé, Adjamé, Abobo, et une bonne partie de Yopougon en tête de  liste. Dans ces 137 quartiers, vivent 20% des populations du District d’Abidjan, « installés dans des zones vallonnées, sous des hautes tensions électriques, dans des cuvettes, sur des terrains irréguliers, les maisons sont construites en dur et en baraque. », précise une étude initiée par l’Union des Villes et Communes de Côte d’Ivoire (UVICOCI).

Une vue de la commune d'Attécoubé, située dans Abidjan nord

Une vue de la commune d’Attécoubé, située dans Abidjan nord

La lagune qui tantôt faisait notre fierté est devenue un véritable « cauchemar ». Le déversement quotidien de tonnes et de tonnes de déchets solides et liquides a fait que sa capacité de charge écologique est aujourd’hui largement dépassée. Il s’agit d’un problème qui touche au quotidien la vie de millions d’Ivoiriens et de nos visiteurs.

Les 10 dernières années n’ont pas vu la création de nouvelles villes modernes pour suppléer Abidjan qui ploie sous le poids des ordures et d’une pollution abyssale. Il est plus qu’urgent que la Côte d’Ivoire se dote d’une véritable politique de la ville afin d’améliorer les conditions de vie au quotidien des habitants de « Koumassi Campement », « Koumassi Kokoura » , « Bori Bana », « Adjoufou ».

Le gouvernement à travers son porte-parole a manifesté son impuissance le 22 juin dernier pour ce qui concerne les problèmes d’assainissement dans le quartier de Koumassi  en ces termes : « Faire les travaux [d’assainissement, NDLR] à Koumassi est vain. Si nous effectuons les travaux, dans six mois nous serons encore ici pour en parler ».

Autant dire que les habitants de Koumassi peuvent encore attendre car ce n’est pas maintenant qu’elles sortiront de la m…de.

Sié Palé à Doropo

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