Indépendance de la Côte d’Ivoire : 57 ans après, quid de l’environnement ?

La Côte d’Ivoire a célébré le 07 août dernier le 57ème anniversaire de son accession à l’Indépendance. Ce fût l’occasion d’un impressionnant défilé militaire et une série de décorations aux différents Ordres de la République pour ceux qui ont mérité de la nation dans les domaines du droit, de la santé et surtout de la politique.

Les acteurs de la préservation et de la promotion de l’environnement ont non seulement été « oubliés » …

Nous avons été tristes de constater que les nombreux Ivoiriens qui ont consacré leur vie à la préservation de l’environnement et la promotion du développement durable n’ont pas été jugés dignes de décoration. Cela a sûrement été fait à dessein ou peut-être qu’ils ne méritent pas d’être décorés, tout simplement.

Mais aussi, les problématiques environnementales semblaient ne pas être d’actualité…

Tous nos compatriotes ont écouté avec beaucoup d’attention le discours du Chef de l’Etat sur l’état de la nation. Tout en déplorant la chute dramatique des cours de certaines de nos matières premières, notamment le cacao (- 40%), le Président nous a informés que tous les indicateurs économiques étaient au vert.

Notre pays n’a jamais été aussi riche : plus de 6000 milliards de FCFA de budget et surtout près de 34 milliards de dollars de Produit National Brut.

Mais là où le bât blesse, c’est que le Chef de l’Etat n’a aucunement prononcé le mot environnement, ni fait allusion à la situation environnementale décadente du pays 57 ans après l’Indépendance. Oui, rien de tout cela.

Pourtant, la situation environnementale actuelle du pays menace gravement notre marche vers l’émergence

A Abidjan, la lagune Ebrié est gravement menacée par des quartiers précaires qui s'en servent comme dépotoir

A Abidjan, la lagune Ebrié est gravement menacée par des quartiers précaires qui s’en servent comme dépotoir

En effet, depuis le 7 août 1960, force est de constater que nous avons allègrement détruit les principales matrices environnementales du pays avec une accélération de ce phénomène les 10 dernières années de notre existence en tant que nation.

Tout d’abords, la Côte d’Ivoire a perdu plus de 80% de son couvert forestier depuis les Indépendances et la crise militaro-politique que le pays a traversé a aggravé les choses, si bien que les experts demandent que l’on arrête purement et simplement l’exploitation du bois au risque de devenir un pays désertique d’ici les 50 prochaines années.

Concernant la lagune Ebrié, jadis joyau naturel qui faisait partie de l’ADN de notre pays, nous en avons tout simplement fait un dépotoir tellement pollué que l’on retrouve des traces inquiétantes de métaux lourds dans les poissons qui y sont péchés.

La pollution atmosphérique a atteint des proportions inquiétantes et la santé des ivoiriens en pâtit tous les jours au point de réduire notre espérance de vie.

Les parcs nationaux que le Président Houphouët nous a légués ne sont plus des parcs que de nom, tant ils ont été infiltrés par les populations venues de la sous-région.

D’autres phénomènes sont venus exacerber la situation environnementale déjà très préoccupante. Il s’agit des sacs et autres déchets plastiques, l’échec de la politique d’urbanisation et surtout l’orpaillage clandestin qui détruit au quotidien tous nos écosystèmes aquatiques et terrestres et pour lesquels le gouvernement semble totalement impuissant.

Si l’on devait tirer un bilan de l’état de l’environnement en Côte d’ivoire 57 ans après l’accession à l’Indépendance, le verdict serait implacable. Nous sommes beaucoup plus proches de l’ « enfer » que du « paradis environnemental ». C’est affligeant comment nous avons détruit notre beau pays et comment nous continuons à détruire son capital naturel.

Le pire, c’est que rien n’indique que nous allons inverser la tendance. Bien au contraire, nous persévérons dans la mauvaise direction avec un mode de développement totalement irrationnel qui ne tient pas compte de la nécessité de préserver notre capital naturel qui est la base de notre économie.

Cela risque d’inhiber notre marche vers l’émergence et ce n’est surtout pas l’opération Grand Ménage qui y changera quelque chose, car cet effort n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan de nos préoccupations environnementales.

Bonne fête de l’Indépendance tout de même.

Siè Palé à Doropo.

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