Energies renouvelables : A quand la conversion de la Côte d’Ivoire ?

Les écologistes de Côte d’Ivoire ont tous salué, en janvier 2017, la création du Ministère chargé du développement des énergies renouvelables au sein du gouvernement ivoirien. Près d’un an après, c’est le désenchantement total, la désillusion complète ainsi que le sentiment des promesses non-tenues. Là où des pays comme le Sénégal, le Mali, le Burkina, etc font des progrès remarquables dans ce domaine, le gouvernement ivoirien se cherche et peine à poser les bases d’une véritable politique de développement des énergies renouvelables.

En effet, avec une capacité de 20 mégawatts-crête, la centrale solaire Senergy II de Bokhol, installée à 400 km au nord de Dakar, dans la région de Saint-Louis a été inaugurée le 22 octobre 2016 par le président Macky Sall. D’un coût de 36 millions d’euros (un peu plus de 24 milliards de francs CFA), il s’agit là, pour l’heure, de la plus grande centrale électrique solaire de l’Afrique de l’Ouest car érigée sur une superficie de 64 ha. Et pendant ce temps, en Côte d’Ivoire, il nous est donné de voir…

Senergy 2, la plus grande centrale solaire d'Afrique, inaugurée au Sénégal

Senergy 2, qui est pour l’instant la plus grande centrale solaire d’Afrique de l’Ouest, inaugurée au Sénégal, en attendant celle du Burkina, d’une capacité de 33 mégawatts.

Une politique de conversion aux énergies renouvelables quasi-inexistante

Les énergies renouvelables contribuent pour 0 Kilowatt heure (Kwh) dans le mix énergétique actuel du pays. Etait-il nécessaire de créer ce portefeuille ministériel pour en arriver à ce résultat ? Permettez-nous d’en douter.

Les équipements et le matériel nécessaires à l’implantation des énergies renouvelables, notamment solaires, sont fortement taxés à l’importation. Il s’agit d’une énorme aberration fiscale que le gouvernement ivoirien doit corriger s’il est sincère dans la réalisation des objectifs déclarés à la COP21 concernant la réduction des gaz à effet de serre.

Un projet très ambitieux ?

Pourtant, dans le cadre du programme de renforcement de son parc électrique lancé en 2011, la Côte d’Ivoire projette passer de 2 000 mégawatts (MW) à 4 000 MW à l’horizon 2020. Pour y parvenir, le pays mise sur une réorganisation du mix énergétique en développant l’hydraulique et le renouvelable pour réduire la part du thermique (charbon, gaz ou pétrole), lequel reste prédominant (plus de 80 % du mix actuel).

L’accès à l’électricité pour une majorité d’Ivoiriens passe forcément par le développement et la vulgarisation des énergies renouvelables sans lesquels notre ambition de faire de la Côte d’Ivoire un pays émergeant à l’horizon 2020 n’est qu’un leurre.

Sié Palé à Doropo

Comments

comments




Laisser un commentaire