Déforestation : Le désert aux portes de la Côte d’Ivoire !

Le couvert forestier est essentiel pour préserver les conditions écologiques nécessaires au contrôle du climat et à l’agriculture. En 1900, la Côte d’Ivoire avait plus de 16 millions d’hectares de forêts denses. Depuis 1960, les nombreuses pressions subies par les forêts ivoiriennes leur ont fait perdre plus de 80% de leur taille d’origine, selon un rapport du Programme des Nations Unies pour l’Environnement (actuellement dénommée ONU Environnement), un document à travers lequel cette organisation environnementale présente le tableau sombre de la déforestation dans le pays.

Une dégradation continue

En 30 ans, 70 % des forêts de Côte d’Ivoire ont disparu du fait de l’agriculture extensive marquée par une surexploitation et l’urbanisation galopante, passant de 16,5 millions d’hectares à l’indépendance en 1960 à deux millions, soit moins de 13% du territoire national. Selon la FAO, les estimations des superficies forestières restantes avoisinent à peine les 2 millions d’hectares, soit 6 % du territoire national. Des chiffres alarmants !  Si l’on n’y prend garde, à ce rythme, la désertification du pays surviendra inéluctablement, avec des conséquences négatives sur non seulement l’économie du pays en terme de croissance, mais aussi et surtout sur les générations futures qui subiront de plein fouet les effets des changements climatiques sans option d’adaptation. Face à cette préoccupation majeure, il est impérieux de redoubler d’efforts afin d’inverser la tendance.

Des efforts de reforestation totalement insuffisants

Dans le peloton de tête en matière de déforestation en Afrique avec un taux oscillant entre 5 et 10 %, la Côte d’Ivoire enregistre à ce jour plusieurs initiatives des autorités gouvernementales visant à réhabiliter son couvert forestier. C’est le cas notamment de son adhésion au Mécanisme REDD+ qui se propose de rémunérer les pays en voie de développement pour leurs efforts de réduction de la déforestation et de la dégradation forestière. Cependant, malgré cette volonté politique affichée, il convient de noter que les mesures prises pour la restauration des forêts ivoiriennes ne sont pas proportionnelles à l’ampleur du problème.  Ceci pour dire que la Côte d’Ivoire n’a pas suffisamment reboisé ces dernières décennies. En effet, selon le Ministère ivoirien des eaux et forêts, des actions de lutte contre la déforestation ont permis de reboiser 380.000 hectares de forêt entre 1929 et 2014. Ce qui ne représente qu’à peine 4 % des pertes de forêts estimées à 200.000 hectares par an.

Quel avenir pour les forêts ivoiriennes ?

En ce jour marquant la journée mondiale des forêts ayant pour thème « Forêts et villes durables », il est temps d’arrêter complètement l’exploitation forestière en Côte d’Ivoire et procéder enfin à un programme sérieux de plantation d’arbres à croissance rapide à l’échelle de tout le pays, surtout dans les zones de savanes et les grands centres urbains qui manquent terriblement de verdure. En outre, le gouvernement doit augmenter ses subventions à la SODEFOR qui paradoxalement dépend des recettes de l’exploitation du bois pour financer ses activités. Enfin, la Côte d’Ivoire doit impérativement procéder au déguerpissement des parcs, réserves et forêts classées qui sont littéralement envahis par une horde de hors-la-loi qui s’y adonnent à des activités de destruction de la forêt. C’est à ces conditions que nous arrêterons notre marche inéluctable vers la disparition totale de nos forêts et la désertification, si tant est que cela soit encore possible.

A.B.

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