Centrale à charbon et forêt du Banco : Nos vœux pour la Côte d’Ivoire en 2020

Ivoire Environnement présente ses meilleurs vœux d’amélioration de l’environnement à tous ses followers et à tous les hommes et femmes qui s’intéressent à l’écologie en Afrique. Nous souhaitons que 2020 soit une année marquée du sceau du développement durable de l’environnement et inclusif des besoins de base des populations africaines. Mais, ça c’était notre souhait. Malheureusement, nous commençons l’année avec de bien tristes nouvelles concernant l’actualité environnementale en Côte d’Ivoire. En effet, nous avons été informés de la volonté du gouvernement de construire une centrale à charbon d’une capacité de 700 mégawatts (Mw) à San-Pedro et de la destruction de 25 hectares de la forêt du Banco, dans le cadre du projet de train urbain, dénommé « Metro d’Abidjan ».

En tant qu’organisation de la société civile soucieuse du respect des règles constitutionnelles de notre pays concernant le droit de tous les Ivoiriens à un environnement sain, nous sommes particulièrement préoccupés par ces deux initiatives du gouvernement.

Forêt du Banco

Limite du parc national du Banco, se trouvant du côté du quartier Abobo-Sagbé

La centrale à charbon, un projet aux antipodes de l’Accord de Paris

Concernant la centrale à charbon, alors que tous les pays du monde s’éloignent de telles technologies pour la production de l’électricité, nous comprenons difficilement que la Côte d’Ivoire, signataire des Accords de Paris sur le Climat, s’engage dans une telle voie. En construisant/en exploitant cette centrale à charbon, la Côte d’Ivoire s’éloigne de façon exponentielle de l’atteinte des engagements pris par elle, pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2030. En outre, il n’est plus à démontrer que l’accroissement des émissions de gaz à effet de serre dans un territoire donné a des impacts négatifs sur la santé des populations, la production agricole, la préservation et la gestion des catastrophes naturelles, sur le développement socioéconomique des nations. Bref.

La Côte d’Ivoire qui a connue une croissance de son PIB de l’ordre de 9% pendant ces dernières années, n’a même pas besoin d’un tel facteur de décroissance économique qui lui fera perdre, selon nos calculs, près de deux points.

Rien, absolument rien ne justifie une telle démarche, d’autant plus que le pays dispose d’atouts pour la promotion et l’utilisation des énergies alternatives telles que le soleil, l’éolienne et la biomasse.

Nous exhortons vivement le gouvernement et en particulier le Premier Ministre, ainsi que le Ministère en charge du développement des énergies renouvelables, à abandonner, et ce dès à présent, le choix des énergies fossiles et à s’engager résolument vers les énergies de l’avenir, telles que mentionnées ci-dessus.

Notre pays ne doit pas et ne peut pas finir son mandat en tant que membre non permanent du Conseil de Sécurité et violer les textes environnementaux auxquels il a librement adhéré.

Le projet de train urbain, une menace pour la forêt du Banco ?

Pour ce qui est de la destruction de 25 ha de la forêt du Banco, à en croire un article publié dans le quotidien Fraternité Matin du 03 décembre 2018, Ivoire Environnement voudrait prendre l’opinion nationale et internationale à témoin et exprimer sa totale désapprobation pour ce projet et en appelle à la sagesse du gouvernement, pour éviter ce crime écologique. Cependant, si tant est que le tracé du métro d’Abidjan ne peut pas être modifié, afin d’éviter cette destruction environnementale, Ivoire Environnement propose que le gouvernement s’engage dès à présent à replanter 50 ha de forêt dans la ville d’Abidjan, afin de préserver l’équilibre écologique de la capitale économique.

Soit dit-en passant, la ville d’Abidjan contient en son sein plus de 6 cimenteries avec leurs corollaires de particules en suspension qui chaque jour perforent les poumons des ivoiriens et les exposent à plusieurs maladies respiratoires mortelles. Quelle infamie !

Un décapage légal, selon l’OIPR

L’Office Ivoirien des Parcs et Réserves (OIPR) a justifié le décapage du terrain en ces termes : « Ce site, qui doit abriter la station de la Ligne 1 du prochain métro, est décapé conformément au décret N°2018-510 du 30 mai 2018 portant modification des limites du Parc national du banco (…) Elle longe plutôt la voie ferrée se trouvant du côté du quartier Abobo-Sagbé. Donc, le décapage n’a rien à voir avec le Parc national du banco. »

Ivoire Environnement est extrêmement déçu de commencer l’année 2020 avec ces deux notes tristes concernant l’environnement et invite tous ses adhérents ainsi que tous les citoyens soucieux de l’application de l’art 19 de la Constitution ivoirienne de 2016 – selon lequel « Le droit à un environnement sain est reconnu à tous. » – à rester mobilisés, à l’écoute des mots d’ordre et prêts à l’action, afin d’éviter à notre pays, ces deux catastrophes environnementales qui vont sérieusement compromettre l’avenir des futures générations déjà fortement endettées.

Enfin, nous en appelons aussi au gouvernement et les autres institutions de la République, pour que des consultations soient ouvertes immédiatement pour permettre à notre pays de poursuivre sa marche vers un développement harmonieux et durable sur le plan environnemental

Sié Palé à Doropo

Comments

comments




Laisser un commentaire